Site généalogique de Christian Duic

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MAJ Page le 15/12/07


 Origine et étymologie Le Duic

Tout patronyme a une histoire et une signification. Au Moyen-Age, les personnes ne portaient qu'un nom de baptême, autrement dit un prénom. Les cas d'homonymie devenant de plus en plus nombreux, ce nom fut suivi d'un surnom rappelant notamment l'origine géographique, le caractère physique ou la profession spécifique à un individu. Au 16ème siècle sous l'impulsion d'édits royaux, mais parfois aussi plus tôt, le surnom devint héréditaire. Le nom de famille était né. Ses variantes doivent beaucoup aux particularités des langues régionales.

Pour la famille LE DUIC, originaire du Morbihan, c’est la langue bretonne. 

Etymologie

LE DUIC se divise en trois syllabes :

La  particule LE est la francisation de AR ou AN, traduit par les recteurs de paroisses dans leurs registres à partir des 15-16e siècles. Elle est commune à grand nombre de patronymes bretons. La forme originelle n'a jamais été rencontrée par écrit pour les LE DUIC, mais oralement, elle a sûrement été utilisée jusqu'au 19e siècle.

DU signifie « noir » en breton. C'est également le nom du mois de novembre, le mois le plus « sombre » de l'année.

IC est un diminutif correspondant globalement au terme petit. Il est le suffixe de nombreux mots tels que :

Soizic, Loïc, Yannick, Annick pour les prénoms.

SONNIC, ROBIC, BERTIC pour des patronymes.

Locmiquelic, Lohic, Guennic pour des lieux.

Littéralement, LE DUIC signifierait donc le « petit noir », mais il dérive plutôt du patronyme LE DU, plus répandu en Bretagne. Par dérision ou par affection, pour distinguer le père du fils, le diminutif IC aurait été ajouté d'une génération à l'autre, tout comme les patronymes LE PERSON et LE PERSONNIC, LE FLOCH et LE FLOHIC, LE BIHAN et LE BIHANNIC... L’origine des LE DU, comme les LE NOIR dans le reste de la France, proviendrait de l'aspect physique de l'ancêtre, qu'il ait eu la couleur de peau mate, des cheveux très foncés, des vêtements sombres.  D’autres patronymes dérivent de LE DU : LE DUIGO, aujourd’hui pratiquement disparu dans le Morbihan et devenu LE DUIGOU dans le Finistère, LE DUFF et LE DUFFIC.

Toutefois, le terme DUIC dans sa globalité désigne aussi :

Un petit gilet noir.

Une daurade noire (en fait "duig").

Une mésange à tête noire connue à travers la douce mélodie Pen Duick. Le navigateur Eric TABARLY, vainqueur de plusieurs courses transocéaniques, a ainsi baptisé la série de ces fameux voiliers à coque noire.

Un toponyme ?

Le patronyme pourrait aussi provenir d'un toponyme, c'est à dire d'un nom de lieu. Dans la vallée du Blavet, du sud vers le nord, sur environ 30 km, se trouvent ainsi les villages de :

Roduic en QUISTINIC, à environ 2000 m du Blavet, sur les hauteurs, et autant du bourg. Le préfixe Ro signifie en breton « rocher » ou « colline ».

Kerduic en MELRAND à 1000 mètres du Blavet. Ker signifie « village » ou « hameau », préfixe très courant en Bretagne.

Keranduic en NOYAL-PONTIVY à la limite de ST THURIAU. Ici la particule bretonne apparaît clairement.

Boduic en CLEGUEREC près de la forêt de Quénécan. Bo signifie « résidence » en breton. Le village, le plus important de tous, dépendait sous l'Ancien Régime d'un fief du même nom appartenant aux sieurs de Boduic et relevant de la châtellenie de Pontivy dans le duché de Rohan. De nos jours, il possède encore une belle fontaine et de superbes fermes des 17 et 18èmes siècles en alignement, avec logis de maîtres, étable, grange, crèche et puits. Sa chapelle est dédiée à St Jacques jusqu'en 1877, puis à Ste Anne depuis qu'elle abrite une relique de la fameuse basilique d'Auray. Elle abrite aussi une "Vierge à la Poire", très belle statue en bois polychrome du 15ème siècle. Non loin de Boduic, se situe le dolmen de Bot Er Mohed, plus connu sous le nom de "Grotte aux fées" ou de "Chambre des Korrigans", avec un couloir de 27 m de long.

Boduic

Un ancêtre des LE DUIC pourrait provenir des sus-dits villages, et en mémoire de son origine, aurait été surnommé ainsi. A moins que ce ne soit le contraire, qu’un LE DUIC aurait laissé son nom à des villages en parcourant la vallée du Blavet. Pour cela, il aurait fallu qu'il soit suffisamment réputé, or justement, il existe un fief à Boduic, avec des seigneurs et des chevaliers, qui auraient pu combattre glorieusement. Toutefois, l'ascendance noble de la famille actuelle est peu probable et difficile à prouver.

Dérivés

Bien qu'il soit assez court, le patronyme a subit plusieurs variantes au cours des siècles.

LE DUHIC : Apparaît temporairement au 18ème siècle dans les registres paroissiaux de PORT-LOUIS. Intercalée entre le U et le I, la lettre H indique clairement une prononciation en trois syllabes : AN-DU-IC. Ceci est confirmé par l'écriture dans les registres paroissiaux de RIANTEC : la lettre I est surmontée de trémas.

LE DUC : Venant de MENDON, Antoine (1686+1747) se fit indifféremment appeler LE DUIC ou LE DUC, en s’installant à LANDAUL puis à BRECH. A la fin du 18ème siècle, malgré la Révolution, ses descendants avaient tous adoptés pour la seconde variante. Mais plusieurs d’entre eux étaient royalistes ou du moins chouans, proches de la famille de Georges CADOUDAL. Cette branche n'aurait plus de descendants patronymiques à ce jour.

DUIC : Face aux multiples patronymes bretons à particule, les officiers de l'état-civil du 19ème siècle s'habituèrent dans leurs répertoires annuels et décennaux de les classer à la racine du nom, en reléguant à la suite le LE entre parenthèses. Certains d'entre eux, notamment sous la 3ème République, fonctionnaires parachutés dans les communes et ne comprenant rien aux particularités de la langue bretonne ni aux coutumes locales, oublièrent la particule dans la retranscription d'actes. Les patronymes les plus touchés furent ceux avec au moins trois syllabes. Ainsi beaucoup de LE PADELLEC, LE GUENNEC, LE CORVEC, LE BIHAN perdirent leur particule. Par contre, les noms à deux syllabes comme LE BER, LE GOFF ou LE BAIL résistèrent à l'atrophie. LE DUIC se prononçant autrefois en trois syllabes, et non deux comme aujourd'hui, se transforma donc facilement en DUIC. Les branches familiales concernées sont :

Celle de Locmiquelic pour les descendants de Louis-Marie et Marie-Louis ALLAIN mariés à Port-Louis en 1894.

La 2ème de Gavres pour les descendants de Laurent et Baptistine RIO mariés à Saint-Pierre-Quiberon en 1895, de Jean-Marie et Sidonie LE BAIL mariés à Ploemeur en 1904.

La 3ème de Gavres pour les descendants de Julien et Julia LE PADELLEC mariés en 1920 à Gavres.

Ces branches comptent environ 50 représentants sur les 140 vivants actuellement. Mais le patronyme breton n’a rien à voir avec d’autres DUIC originaires des Flandres (Belgique, Pays-Bas), dérivés de VAN DUYCK ou de D'HUICQ, et de Yougoslavie, dont la prononciation est DOUIC. Ces branches semblent avoir de nombreux descendants en Amérique du Nord et en Italie.

DUIQUE : Apparaît en alternance avec DUIC pour le douanier Simon (1748+1838) en poste à Brest St Sauveur peu avant la Révolution. Mais cette branche n'a aucune relation avec celle du Morbihan. Elle est originaire de Paris, et sans doute de là, des Flandres.

DUICK : Cette écriture n'est jamais apparue par le passé, mais depuis la célébrité d'Eric TABARLY, la confusion est fréquente dans des documents non officiels.

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